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Pendule à l'automate "Le fumeur"

 
Collection comte Charles-André Colonna Walewski ; droits réservés.
 
 

Auteur : Pierre-Philippe Thomire (1751-1843)
Matériau : bronze
Origine : Paris
Époque : vers 1810-1820
Dimensions : 64 x 20 x 20 cm

Pendule à l'automate "Le fumeur", Directoire, d'un atelier parisien, vraisemblablement de P.-P. Thomire, Paris, vers 1810/20. Bronze à patine matte et dorée ainsi que brunie. Avec une représentation d'un maure riant debout avec des yeux en verre peint et une tête mobile, vêtu d'habits princiers, avec placé dans son grand ventre le boîtier de l'horloge, et tenant dans sa main droite une élégante pipe. Monté sur un socle "vert de mer" orné d'un décor appliqué en bronze. Le cadran en bronze fortement convexe avec les indices des heures en chiffres romains. Aiguilles en laiton finement ajourées et dorées. Mouvement à ancre sonnant les demies sur la cloche, et suspension à filament déclenchant le hochement de la tête de l'automate, ainsi que la dite "roue de compte" sur la platine arrière.

Cette importante pendule représente Toussaint Louverture (1743-1803), politicien de Haïti et homme haut en couleurs, figure de l'abondance idéalisée, appelée également "bon nègre", avec une référence à la mode importée alors des Antilles de fumer le tabac.

Peu de modèles identiques ont été répertoriés à ce jour. L'une d'elles, "la pendule au nègre", avait été exposée au Musée de l'Hôtel Sandelin à Saint-Omer (1) et était issue à l'origine de la collection Kugel à Paris. Elle fait partie aujourd'hui des collections du Musée F. Duesberg à Mons (n° de catalogue 69) – avec une attribution des bronzes à P.-P. Thomire. Une autre pendule similaire, d'une taille plus réduite et montée sur un socle en acajou est conservée dans les collections royales d'Espagne et figure sous le numéro 129 à l'inventaire des pendules du "Patrimonio Nacional" (2).

La pertinence de cette pendule réside non seulement dans son attrait fort décoratif mais également dans son intérêt historique à traiter du sujet de l'indigène investi des habits princiers : un idéal révolutionnaire persistant de "liberté, égalité, fraternité". Et c'est dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 que s'ancre ces mêmes principes. Le premier article de cette déclaration proclame que "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune." Mais la marche de l'histoire a prouvé par la suite que ces idéaux d'égalité entre les hommes n'avaient pas été appliqués à la lettre, et que des zones d'ombre persistaient à la fin du XVIIIe siècle. Le doctrinalisme succédant à la revendication d'une culpabilisation universelle eut vite fait de dépasser les frontières de la France irradiante. La conscience des idéaux révolutionnaires diffusée fut porteuse de changements. La Convention nationale – le gouvernement révolutionnaire de la France d'alors – avait salué avec euphorie le gouverneur noir de Haïti en tant que héro d'un développement social et l'incarnation des idéaux révolutionnaires français. L'image de l'indigène qui d'un esclave se voyait promu en "bon citoyen" avait connu beaucoup de succès et avait été maintes fois représentée dans la presse, parfois dans sa version exotique avec les habits et atours indigènes.

La pendule présentée ici traite directement du sujet du "bon citoyen nègre" et l'idéalise jusqu'à le représenter sous la forme d'une personne cossue "européanisée". Grâce à ce décalage subtil, cette pendule devient emblématique des mutations profondes socioculturelles et politiques de l'époque.

(1) Catalogue de l'exposition La pendule au nègre, Saint-Omer, 1978, p. 21 (N°11).
(2) Catalogue du Museo del Relojo antiguo in Madrid, Madrid, 1977, N°13.
Catalogue Koller, Zürich, vente N°A133, 21 juin 2005, lot N°1293.
J. Niclausse, Thomire. Fondeur-Ciseleur (1751-1843). Sa Vie - son oeuvre, Paris, 1947.

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